Séville au XVIe siècle

Au cœur du vieux Séville en voie de disparition, les cours intérieures des immeubles d'habitation constituent des exemples incontestablement intéressants d'architecture vernaculaire. Une cour intérieure est, par essence, un bâtiment composé d'un grand patio entouré de pièces qui y donnent accès. Cependant, les exemples varient considérablement en raison de la diversité des plans, des élévations, des volumes, des techniques de construction, etc. C'est précisément cette diversité architecturale qui confère aux cours intérieures des immeubles d'habitation un caractère irremplaçable. Si l'on ajoute à cela le fait que la plupart datent du XIXe siècle, voire de siècles antérieurs, et qu'elles abritent une population dont les particularités ont souvent fait l'objet de recherches par des anthropologues et des sociologues, on obtient les trois paramètres clés qui justifient l'importance des cours intérieures des immeubles d'habitation comme élément indissociable de notre environnement urbain. Ceci est d'autant plus significatif que les dynamiques urbaines inhérentes à cet environnement – remplacement, rénovation, obsolescence, réhabilitation, valorisation et préservation – ont un impact considérable sur ces types de bâtiments.

Bien de Interés Cultural

Le corral est un type d'habitation qui abritait une part importante de la population ouvrière de Séville, et aujourd'hui encore, les corrals subsistants sont occupés par des résidents de condition socio-économique modeste ou moyenne inférieure. Il est important de noter, cependant, que le corral n'est pas seulement un lieu de résidence, mais aussi un espace de vie communautaire et de relations sociales étroites. C'est pourquoi on pourrait même parler de microsociétés pouvant être étudiées comme des communautés distinctes, même si elles ont aujourd'hui perdu la plupart de leurs caractéristiques propres.


Malgré sa présence discrète dans la vie de notre ville, peu d'écrits permettent de comprendre véritablement le rôle du corral dans le paysage urbain. On dispose de quelques études ethnographiques de grande qualité et, dans une moindre mesure, d'études architecturales, mais la plupart des publications sur le sujet se limitent à des anecdotes pittoresques et folkloriques peu éclairantes. Et, hormis l'ouvrage renommé de Morales Padrón, rares sont les études qui invitent les citoyens à découvrir cette « ville intérieure » méconnue du grand public, mais tout aussi précieuse que les rues et les places du quotidien.


Alarmés par la dégradation quasi irréversible de notre patrimoine et conscients de sa valeur historique, les auteurs de cet ouvrage ont entrepris il y a quelque temps le catalogage photographique des cours intérieures de Séville. Notre objectif était double : d’une part, constituer une archive photographique de cet habitat urbain unique, susceptible de préserver sa mémoire face à la disparition imminente de nombre d’entre elles ; d’autre part, les faire connaître au public comme l’un des trésors méconnus de Séville. En d’autres termes, il s’agissait de sensibiliser les Sévillans à l’importance de ces cours et à la nécessité de réhabiliter la plupart d’entre elles afin de les intégrer définitivement au tissu historique de la ville.


Ainsi, grâce à d'importantes ressources journalistiques et bibliographiques, des reportages photographiques ont été réalisés entre 1987 et 1989 pour la grande majorité des cours intérieures de la vieille ville et des faubourgs historiques (Triana et San Bernardo). Des reportages ont également été effectués sur les immeubles d'habitation et les bâtiments communautaires, divers exemples d'architecture vernaculaire, ainsi que sur d'autres édifices d'intérêt menacés de disparition ou insuffisamment documentés par la photographie.


Nous n'avons pas prétendu réaliser une étude scientifique ; nous souhaitons simplement rapprocher les citoyens de leur environnement immédiat grâce aux images, en encourageant leur participation aux processus décisionnels qui affectent les valeurs urbaines de Séville et en sensibilisant à la nécessité universellement reconnue de respecter et de réhabiliter le tissu historique de nos villes.


Parmi les nombreuses cours photographiées, nous en avons sélectionné 22 pour ce catalogue (celles marquées d'un astérisque). Ce fut une tâche ardue, impliquant des critères architecturaux, historiques, sociaux et esthétiques, afin de constituer un échantillon que nous estimons représentatif, bien que non exclusif. Le mauvais état de certains bâtiments présentés est manifeste, voire l'abandon complet de certains d'entre eux, situation hélas trop fréquente aujourd'hui. Un inventaire des cours est inclus, recensant des bâtiments de types très divers, dont beaucoup ne correspondent pas au modèle archétypal de la cour d'immeuble. Mais l'architecture sévillane est toujours difficile à catégoriser, et nous n'avons pas hésité à proposer au lecteur une série d'adresses qui le surprendront sans doute si elles n'ont pas encore été démolies. Nous concluons cette modeste publication par un commentaire de la bibliographie existante sur le sujet.


Les cours intérieures des immeubles d'habitation sont en net déclin, principalement en raison de la spéculation immobilière, de l'augmentation du niveau de vie, du vieillissement des habitants, du dépeuplement et du déplacement des populations des quartiers historiques, ainsi que du manque de préservation du patrimoine par les institutions. Une grande partie des quelque 190 cours intérieures subsistant à Séville (1990) sont en mauvais état ; beaucoup sont presque inhabitées ou en ruines. Quelques-unes sont en parfait état et abritent autant d'habitants que possible, et c'est là que l'on peut encore observer une certaine continuité de la vie traditionnelle. D'autres ont fait l'objet d'importantes restaurations qui leur ont rendu leur splendeur d'antan, mais ont remplacé leur population par une population plus jeune et de statut social plus élevé.

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La liste ci-dessous, publiée en 1990, n'avait pas vocation à être exhaustive. En effet, la quasi-totalité des enclos abandonnés ou délabrés à l'époque de son catalogage (1990) en avaient été exclus, seuls les plus représentatifs figurant dans l'inventaire. Aujourd'hui, cependant, nous avons choisi d'inclure la quasi-totalité des bâtiments alors étudiés car, tout simplement, la plupart d'entre eux n'existent plus. Il est néanmoins possible que beaucoup d'autres disparaissent prochainement, et il est donc fort probable que le lecteur ne trouve à la place de l'enclos qu'un terrain vague ou un bâtiment neuf. C'était déjà le cas depuis la compilation du catalogue, mais les démolitions indiscriminées se sont multipliées de façon frénétique depuis l'arrivée au pouvoir d'Alfredo Sánchez-Monteseirín à la mairie de Séville en 1999. Dans la mesure du possible, nous avons regroupé les rues par quartier afin de faciliter la planification d'un itinéraire pour la visite des bâtiments encore debout. Les adresses marquées d'un astérisque indiquent que l'enclos en question figurait dans le catalogue photographique publié en 1990.



Vieille ville


  1. San Clemente, 11.
  2. Vierge de la Joie, 3 (*).
  3. Archeros, 7.
  4. Archeros, 12.
  5. Archeros, 15.
  6. Nardo, 4.
  7. Nardo, 5.
  8. Teintures, 12.
  9. San Esteban, 22 (*).
  10. Santiago, 25 ans (Corral del Conde) (*).
  11. Gérone, 36-38 (Corral de la Sardina).
  12. Jerónimo Hernández, 28 ans.
  13. San Felipe, 14 (*).
  14. Conquête, 4.
  15. Navarros, 40 (La Tarazana).
  16. Écoles Piaristes, 11A-11B-13.
  17. Alhóndiga, 24.
  18. Leoncillos, 7.
  19. Matahacas, 31.
  20. Matahacas, 41.
  21. Vara del Rey, 8 (Corral de la Couronne).
  22. Vallée, 7.
  23. Art de la soie, 17.
  24. Santa Clara, 47.
  25. Santa Clara, 55.
  26. Santa Clara, 72.
  27. Calatrava, 4.
  28. Lumbreras, 27.
  29. Alameda de Hércules, 95 (*).
  30. Blanquillo, 4.
  31. Repos, 5.
  32. Faustino Álvarez, 63 ans.
  33. San Juan de la Palma, 20.
  34. Alcazares, 5-7-9 (Corral del Coliseo).
  35. Jerónimo Hernández, 28 ans.
  36. Peral, 27.
  37. Juste, 110.
  38. Feria, 135.
  39. Feria, 140.
  40. Quai, 13-15.
  41. Bajeles, 11.
  42. Bajeles, 16-18-20 (*).
  43. Alfaqueque, 18.
  44. Alfaqueque, 20.
  45. Rubens, 8.
  46. Cantabrie, 14.
  47. Buts, 15.
  48. Jésus de grande puissance, 119.
  49. Jésus de grande puissance, 124.
  50. San Juan de Oviedo, 1-3 (Corral de Esquivel) (*).
  51. Santa Ana, 22-26 (Palais de l'Infantado).
  52. San Vicente, 98.
  53. San Vicente, 100 (la Grande Maison ou le corral de San Vicente) (*).
  54. San Luis, 16.
  55. San Luis, 47.
  56. San Luis, 67.
  57. San Luis, 69 (passage Valvanera).
  58. San Luis, 73-75 (Corral de la Parra).
  59. San Luis, 80-82.
  60. Héliotrope, 3.
  61. Castellar, 12.
  62. Laurier, 6.
  63. Amiral Espinosa, 6.
  64. Amiral Espinosa, 10.
  65. Santa Marina, 6-8.
  66. Santa Marina, 22.
  67. Santa Marina, 28.
  68. La Divine Bergère, 4.
  69. Divina Pastora, 9 (*).
  70. Divine Bergère, 49.
  71. Plaza del Cronista, 8.
  72. González Cuadrado, 18 ans.
  73. González Cuadrado, 46 ans.
  74. Arrayán, 17.
  75. Vierge du Souterrain, 5.
  76. Pedro Miguel, 16 ans.
  77. Pedro Miguel, 34 ans.
  78. Clavellinas, 5.
  79. Innocents, 21.
  80. Escoberos, 25 ans.
  81. Amertume, 9.
  82. Macarena, 6 (Corral del Crimen).
  83. Macarena, 8.
  84. Macarena, 14.
  85. Torrijiano, 16.
  86. Morera, 9 (Corral de la Morera).
  87. Torreblanca, 16.
  88. Tribunal, 10.
  89. Tribunal, 17 (Ancien palais de justice) (*).
  90. Portefeuilles, 12.
  91. Macasta, 8.
  92. Macasta, 23.
  93. Macasta, 25.
  94. Hiniesta, 42 ans (Corral de los Muertos).
  95. Hiniesta, 47 (Maison d'Ismaël).
  96. Lira, 10 (Casa de la Parra).
  97. Lire, 15.
  98. San Hermenegildo, 8.
  99. Dimanche, 92.
  100. Dimanche, 122.
  101. Dimanche, 136.
  102. Briqueté, 13.
  103. Briqueté, 35 (*).
  104. Briqueté, 41.
  105. Briqueté, 45.
  106. Briqueté, 59.
  107. Frère Diego de Cádiz, 2.
  108. Frère Diego de Cádiz, 18.
  109. Frère Diego de Cádiz, 31.
  110. Frère Diego de Cádiz, 38 ans.
  111. Parras, 11.
  112. Parras, 22.
  113. Parras, 31.
  114. Lagares, 22 ans.
  115. Salles de bains, 8.
  116. L'homme de pierre, 8.
  117. Rapporteur, 58.
  118. Place Saint-Marc, 1.
  119. Eh bien, 10.
  120. Sagunto, 5.
  121. Jimios, 22 ans (Corral de San José).
  122. Gandesa, 2.



Triana

  1. Pages del Corro, 1 (El 1 de la Encarna).
  2. Pages du Corro, 5.
  3. Pages du Corro, 47.
  4. Pages del Corro 50 (Corral de Sánchez) (*).
  5. Pages du Corro, 93.
  6. Pages du Corro, 95.
  7. Pagés del Corro, 103 (Corral ou maison de la Vierge de Rocío).
  8. Pagés del Corro, 111 (appartements Corral ou Herrera).
  9. Pages del Corro, 128 (Patio de la Encarnación).
  10. Pages du Corro, 161.
  11. Pages del Corro, 176 (Maison des Guardias).
  12. San Jacinto, 34 (Ancienne Maison de la Charité).
  13. San Jacinto, 60 (Corral du 90).
  14. San Jacinto, 62 (appartements Barea).
  15. San Jacinto, 77.
  16. Saint George, 19.
  17. Pureza, 98 (*).
  18. Pelay Correa, 13.
  19. Pelay Correa, 35-37-39.
  20. Pelay Correa, 59 ans.
  21. Rodrigo de Triana, 8.
  22. Rodrigo de Triana, 74 ans.
  23. Castille, 7.
  24. Castille, 16 (Maison ou Cour des Fleurs) (*).
  25. Castille, 58 ans (Corral de los Fideos) (*).
  26. Castille, 65.
  27. Castille, 75.
  28. Castille, 88 A (Corral de la Rana) (*).
  29. Castille, 105.
  30. Castille, 110.
  31. Castille, 128.
  32. Castille, 141.
  33. Castille, 143.
  34. Castille, 158 (La Haute Maison).
  35. Callao, 8.
  36. Clara de Jesús Montero, 28 ans (Hôtel Triana).
  37. Poterie, 4.
  38. Poterie, 8 (La Grande Maison).
  39. Poterie, 19.
  40. Poterie, 32 (La Belle Clôture).
  41. Poterie, 49.
  42. Poterie, 69.
  43. Poterie, 85-87 (El corral Largo) (*).
  44. Poterie, 119 (Corral del Naranjero) (*).
  45. Poterie, 138 (Corral de los Corchos).
  46. Poterie, 144 (La Casilla à Corral del Trágala).
  47. Covadonga, 5.
  48. Bernardo Guerra, 5 ans (El Jardincillo).
  49. Écureuil, 9 (Maison des gardes).



San Bernardo


  1. San Bernardo, 6-8-10.
  2. San Bernardo, 27.
  3. San Bernardo, 57 ans (Corral de las Cureñas) (*).
  4. Camp, 27 (Maison Segundino).
  5. Camp, 29.
  6. Camp, 35 (Le Four Peint) (*).
  7. Campement, 41 (El Jardincillo) (*).
  8. N'oubliez pas, 6.
  9. Enramadilla, 1 (Corral de « El Minuto »).
  10. Saint Roi, 14.
  11. Alonso Tello, 8 ans (Casa de los Canarios).
  12. Marqués de Estella, 10 (Maison du Carbonero).
  13. Gallinato, 14.
  14. Valme, 10 (Corral de Santa Justa).



Ensanche


  1. Progrès, 27 (La Caserne).
  2. Luis Montoto, 37 ans (Maison de los Escalones).
  3. San Benito, 10.



Source : « Corrales de Séville. Catalogue photographique» de Jordi Tarrés Chamorro (Photographie et design) et Ignacio Benvenuty Cabral (Recherche, catalogue et textes). Auto-publié. Séville, 1990.